Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 20:50

Enfin la reprise de la maugréation !!!!

 

 

 

On vit une époque formidable.

 

 

Après tout ce temps et les multiples interruptions/réactivations ... que pouvoir écrire sur le blog. On va commencer par un pot pourri, je remettrai de l’ordre plus tard tel un judge Dredd déterminé. La fréquence n’atteindra jamais un post par semaine mais si j’arrive à un par mois cela sera plutôt bien.

 

Comme je le prévoyais tel une Cassandre le monde arrive à un tournant qui peut ou pas du tout réussir à notre modeste espèces bipède.

 

 

Mais restons humble, il y a des tas de raisons de penser comme moi et je ne suis pas un génie (même sans bouillir). Mes parents ont connus la seconde guerre mondiale et mes oncles les guerres de décolonisation, cela a sans doute contribué à diminuer le décalage entre des périodes moins fastes et ma personne. Ce que sans aucun doute ceux de ma génération et des suivantes avaient perdu comme toute conscience collective tend à perdre après 60 ans.

 

En fait si on réfléchit bien comme dirai Lovecraft que je me suis remis à lire (entre autres lectures) : « je suis d’ailleurs ».

 

J’ai 36 ans et ma mère est née en 1934, mon père en 1931. Ma grand-mère maternelle est née en 1897, et son père avant elle en 1848. 3 générations suffisent pour remonter à la fin du règne de Louis Philippe. Cela explique sans doute le recul considérable que je trouve dans ma famille…

Les générations selon les branches de ma famille sont effectivement plus de l’ordre de 40 ans et ce depuis longtemps, le tout associé à une longévité globalement bonne c’est un peu l’esprit d’highlander ou de Lestat que je retrouve chez les miens, vu et vécu trop de choses.

 

Si les Maya parlaient peut être d’une fin d’une ère, les humains du moment parlent de fin du monde. Ce dernier point n’est pas certain, fin d’un monde sans doute. Recul de plusieurs siècles en arrière très probablement sauf peut être dans quelques régions du monde. L’autorité est morte, les politiques corrompus ou impotents, à tel point que les dictatures risquent fort de devenir la seule solution court terme. Il n’est même pas exclu que tout ceci soit orchestré. « Mulder revient ils sont devenus fous ! »

 

Moorcok, Barjavel, Lovecraft, et tant d’autres  (l’auteur de the Road aussi) …  chacun à leur manière avait pensé à l’avant et l’après humanité ou en tout cas à l’après civilisation actuelle.

 

Malgré moult turpitudes et choix professionnels discutables j’avance doucement, en croisant les doigts que les crises à venir sauront m’épargner.

 

Quoi de neuf à par cela me direz vous ?

 

Pas mal de choses en fait :

 

 

Coté boulot, revenir chez un client en prestation peut parfois être une bonne opération mais concrètement l’internalisation que je visais pour des raisons avant tout immobilières ne s’avère pas pertinente.

Je me retrouve donc à la case départ, dans une SSII qui ne m’apportera rien de transcendant si je quitte la mission.

Si j’arrive à gérer mon travail plutôt mieux que jadis, c’est encore loin d’être parfait et les stress est palpable avec même quelques épisodes nécessitant de se faire suivre par quelqu’un  ponctuellement. Du coup me voilà dans l’expectative sur fond de crise mondiale, tenté de rentrer en interne chez un client avare (ne pas confondre avec aware) où une part des cadres me méprise et une autre m’apprécie mais plus personnellement que professionnellement. Enfin dirigé sur une techno plus sympa que celle ou je suis revenu, je n’ai pas le temps de renter dans le détail, le poste de chef de projet nécessite de se couper du technique progressivement. J’aime manager mais je ne suis pas certain que devenir un brasseur d’air soit ma voie.

 

Coté cœur et nid douillet: S’installer à deux n’est pas chose facile et enchainer PACS et achat commun d’appartement n’est pas forcément simple. Cela en fait du changement et ne serait ce que certaines incertitudes sur les travaux /entretiens. Certes on a profité de taux bas mais les prix ahurissants ont nécessité que j’entame largement mes économies et nous laissent peu de marge surtout si l’on considère qu’il ne s’agit de biens anciens où les frais peuvent s’avérer être conséquents. La perspective d’une chute des prix peut faire mal, heureusement nous n’avons pas payé le prix le plus fort et nous avons une pièce de plus qui nous laisse de la marge. Il n’empêche la marge de manœuvre est faible. Enfin le bon coté des choses est que ma dryade reste mon NNNnnnnamoureuse ( cherchez pas y a un code pour les N et n ) et que globalement les choses se passent bien.

 

Coté loisirs : Emménager près de là ou l’on pratique son loisir martial c’est bien, mais si avec les tracas quotidiens on ne s’entraine plus cela perd du sens.

Surtout avec les aléas des rapports humains parmi les pratiquants et enseignant de la dites discipline…. Sortir d’un travail houleux pour retomber dans une ambiance discutable alors que cette occupation est censée permettre de s’épanouir est tout sauf utile sauf peut être pour l’aspect hygiène de vie. Je pense reprendre mais pour combien de temps ?

 

Malgré les déboires du RER A, (qui relève de plus en plus de la boite à sardine à échelle humaine), j’arrive toutefois à des trajets plus cohérents et surtout compatibles avec mon gout de la lecture. J’alterne découvertes (R J ELLORY, H LAURIE ; PRATCHETT) et relectures de ma jeunesse (Lovecraft) sur des domaines variés en attendant la traduction du trône de fer tome 5, mon graal du moment. J’aurai l’occasion plus tard de détailler mes lectures et séries dans un post dédié façon j’aime ou j’aime pas.

 

La reprise du Jeux de rôle en alternance avec les jeux de sociétés, le tout avec une équipe nouvelle (dont ma dryade) va sans doute apporter un peu de détente. Mais les disponibilités des uns et des autres ne sont plus les même qu’au temps de ma jeunesse. La reprise de peintures de figurine et mes lectures en plus j’ai l’impression de faire dans le revival ... une crise de la 40aine en avance ?

 

Bref je reste un maugréateur, mais qui a connu pas mal de changements dans monde changeant.

 

Maya ou pas, 2012 va être sport je vous le garantis.

 

 

Par Celui Qui Maugréé - Publié dans : Humeurs
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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 15:16
I. Quel est le dernier livre que vous avez acheté *ET* terminé ? Verdict ?

T PRATCHETT annales du disque monde : Au Guet.  oui j'ai enfin (re)commencé à les lire, R HOBB me saoule grave avec les aventurieurs de la mers je n'ai donc pu finir le tome 8 et en dehors du throne de fer j'ai du mal a lire ou relire ce qui se fait en fantasy : je deviens difficile et j'ai peu de temps pour lire alors je le consacre au meilleur. Et puis avec le disque monde j'en ai pour des éons à tout rattraper. Au passage j'ai recommencé avec les ed L'ATALANTE c'est du broché compact que je trouve beau quoique fragile et bien sûr plus cher. Mais j'aime les bilbiothèques ! et ma douce aussi d'ailleurs. autre série que j'ai commencé : Nicolas LEFLOCH et aussi la Compagnie Noire.


II. Quel est le livre que vous êtes en train de lire ? Qu'en pensez-vous pour l'instant ? Quelle est la phrase qui se trouve à la ligne TREIZE de la page QUARANTE-DEUX (parce que c'est important, 42) ?

Glenn COOK  : La Compagnie noire Intégrale premier tome (
Les Livres du Nord )

 ligne 13 page 42 : " ça et l'explosion de plusieurs années de colère contenue."



III. Choisissez l'un de vos livres favoris, quel est-il ? Pourquoi fait-il partie de vos favoris ? Quelle est la dernière phrase qui se trouve à la page 65 ?

Sur le coup je dirai Le trône de fer "Games of throne" ( volume 1) : ca faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire de la fantasy de qualité mais ca n'occultera ni Moorcock, ni Tolkien. J'attends en revanche l'adaptation HBO série TV du trône de fer...ceci dit j'aime aussi de Megan Lindlhom alias R HOBB "le dernier magicien" qui me fait penser au JDR Scales de chez Siroz ( même si comme tous les r HOBB l'idée de départ pourquoi pas mais la fin déçoit ) et l'heure du loup roman fantastico erotique sur un agent de sa majesté loup garou pendant la seconde guerre mondiale ....oui c'est combo je sais.
Sinon en plus classique je reste un fan de 20000 lieues sous les mers ... ce cher Jules...Cependant après avoir commencé la compagnie noire .. j'avoue c'est pas mal du tout.

Trone de Fer  page 250 du premier tome ligne 9 " -Vous êtes un malin, Tyrion. Nous aurions besoin d'hommes tels que vous, sur le Mur. -Dans ce cas mon, mon cher, sourit-il, je vais écumer les Sept Couronnes et vous expédier une cargaison de nains"

IV. Quel est le dernier livre que vous avez lu et pas vraiment aimé ? Pourquoi ?

Huitième tome des aventuriers de la mer de R HOBB, le premier cycle de l'assassin est lisible surtout le début ce qu R HOBB a écit ensuite est au mieux décevant au pire pitoyable ( second cycle) . les aventuries auraient été bien sans certaines choses ajoutées comme pour faire bouche trou .. j'ai du mal avec les écrivain femme qui font du fantastique...


V. Quelles sont les 5 bloggeurs à qui vous passez le relais et pourquoi ?

mumtetc ils  l'ont déjà fait, je transmet donc à l'affreux jojo ( en dehors je connais que des blog pas sâges ^^ ben voui je sais ! c'est mal et je m'en fou na !)

Oui je sais je poste ça super tard par rapport à ceux qui m'ont transmis la chaîne .. occupé et surmené j'étais ...
Par Celui Qui Maugréé - Publié dans : Inclassable
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 11:33
Il est assez rare que j'ai le vrai coup de foudre pour un film pour le mentionner ici,
et ce sera l'occasion de réécrire quelque chose depuis quelques temps.

Les fêtes de fin d'années se sont terminées par quelques films à grand spectacle, évidemment AVATAR était aux yeux de bien des gens le film à ne pas louper. Il n'empêche j'aime bien faire un tour d'horizon, certains films sont répérés et mis de coté dans ma ToWatchList des semaines voir des mois à l'avance, d'autres font l'objet de choix d'opportunité, sur coup de tête ou envie soudaine.

Du coup le résultat est assez éclectique.Je tiens toutefois à signaler que je n'ai pas de carte illimité et que donc même si je vais parfois souvent au cinéma, je ne suis pas poussé à la consommation par un quelconque abonnement. J'ai juste tendance à acheter des cartes 5 places ( que parfois j'oublie d'utiliser avant peremption)

Résumons les trois derniers films vus , et j'y ajouterai les derniers nanards et series tv que j'ai découvert ou redécouvert. Je ne suis pas un critique et certains me qualifient même de trop bon public, bilvesious ! dirais je ( entre bilevesée et marvelous) !


Mes chers parents se couchant assez tôt le soir de Noel, la fin de la soirée fut consacrée à la découverte de la diffusion hertzienne et satellitaire données en patures aux télespectateurs ce soir là.

Rapidement je me suis focalisé sur Mega Shark vs Giant Octopus, nanard dont j'avais récupéré la bande annonce et le divx mais que la tnt diffusait dans un élan culturel bon marché mais toujours marrant.

Le concept aliant deux des trois catégories de créatures qui me facinaient enfant ( requins et céphalopodes, le troisième étant les dinosaures), je ne pouvait que visionner l'intégralité de ce film. Pour résumer, figés dans la glace dans un combat interrompu par une glaciation, deux créatures titanesques aux vitesses et tailles irréalistes se retrouvent libérées et sèment le chaos de part et d'autre du Pacifique. A
u menu :
Attaque en plein d'un 747 en phase d'approche ( 5000 m d'altitude) par un megalodon hypervéloce lancé dans un bon épique qui ridiculiserait le kraken du choc des titans.
Manipulations comme des hochets de sous marins nucléaires ( US ou japonais de fabrication russe ) par la pieuvre au regard d'alien de l'aire 51 ...

Bien sûr les poncifs du nanard sont bien présents : budget ridicule placé a 90 % dans les deux créatures et quelques sous marins en image de synthèse digne de Xena ou Hercule d'y il a 15 ans, ce qui laisse place ensuite a des incrustations 2D d'explosions sur des video de navires de guerre pour faire bonne figure et surtout à des décors intérieurs de sous marin et navires qui fleurent bon le recyclage de site industriel à coup de polystyrène et de mauvais éclairage.
Notons une guest star Lorenzo Lamas alias "le rebelle" qui joue un militaire barbouze en comparaison duquel rambo ferai figure de philosophe platonicien.
N'oublions pas l'idylle entre la scientifique américaine et un collègue japonais qui n'apporte rien à l'histoire si ce n'est la question fondammentale, seront ils ensemble à la fin du film ?
Bref je ne spoilerai pas mais ce nanard est assez hilarant quoique j'en ai connu des plus fun, cependant il a le mérite de réunir deux stars du monstre marin, le kraken "poulpy accrocheur" et le megalodon "les dents de la mer c'etait une fausse couche à moi" ... j'espère juste que des cryptozoologue belges accro aux coffee shop ne prendront pas se film pour un documentaire ...


L'année s'est terminé aussi sur une découverte, TRUE BLOOD : buffy n'est pas morte, elle a passé le relais à une télépathe (blonde) quelque part dans le bayou... ne riez pas c'est sérieux !
HBO ne fait pas forcément que des séries très haut de gamme ( The WIRE que je conseille comme analyse pertinente des USA actuelles , ROME ou Carnival ), HBO fait aussi dans le divertissement sans prétention mais qui marche. Pour l'éternel obsédé que je suis c'est bien car HBO a tendance à faire dans le peu censuré coté cul ... et je l'avoue j'aime ça même si ce n'est pas ce qui me fait aimer HBO.

TRUE BLOOD donc c'est un monde ou depuis quelques années les vampires ont fait leur coming out et ont révélé leur existance au monde. TRUE BLOOD c'est le nom d'une boisson, sang de synthèse au parfum rhésus variés ( le 0+ semblant être le plus exquis).
Sang de synthèse donc issu de la technologie japonaise ( yatta !) et qui permet aux vampires de se nourrir parmi les humains sans ponctionner ces derniers de tout ou partie de leur fluide vital.
Enfin ceux qui insistent pour se faire mordre sont grand et puis les vampires sont des amants / maitresses appréciés.
Petite complication, le sang de vampire ( quelque soit l'ancienneté) est une drogue pour les humains reléguant amphétamines et viagra au rang d'homéopathie 7CH de chez BOIRON ...

Oui mais voilà, tous les vampires ne sont pas dans le genre tranquile, et même si une représentation essaie d'accéder légalement aux mêmes droits que les autres, on se doute bien que tous ne sont pas des bisounours synthéticohémoglobinophages ...

Dans ce contexte un vampire revient sur les terre sudistes de ses origines, petit coin paumé où vit une jeune fille serveuse télépathe,  son frère junkie ( de sexe entre autre) et une tripotée de redneck et autres cajuns. Je ne spoilerai pas.
Mais si cette série sent clairement la série pour ado boutonneux, il n'empêche qu'elle se regarde et même bien. J'ai aimé l'inspecteur looser de la police ( leader des dockers dans the Wire saison 2), le vétéran d'IRAK traumatisé et hypersensible... et une trame principale pour la première saison ... je n'ai vu que celle ci mais on a finit par la regarder en un WE.

A la fois classique et énervant, si les épisodes ne sont pas tous égaux ils se terminent tous sur un cliffhanger brutal qui donne envie de continuer.


L'année commence sur le domaine de la série TV kitchy mais toujours marrante : le monde perdu d'après sir A C DOYLE ( notez bien le "d'après").
Il faut dire qu'une série ou se croisent des aventuriers dignes d'un Cthulhu 1920, une bimbo blonde bikini survivor, des hommes singes anthropophages qui respawnent par paquet de 12, des dinosaures et des hommes lézard façon César et Pompée ... c'est toujours plaisant. Les demoiselles sont charmantes et court vétues ( sauf l'aristocrate de service sexy à point mais pas vulgaire), les raptors souriants quoiqu'un peu lents,et les abeille velues et géantes.
Bref bikinis et monstres préhistoriques c'est croquant et fondant ... idéal pour manger en regardant un truc qui ne fait pas réfléchir ... interlude amusante, regarder l'age de glace 3 juste après ... rigolo.


Mais revenons à l'essentiel, le grand écran, le vrai, pas le quarante douze pouce du geek fortuné du coin, je veux dire le cinéma avec ses écrans 2D ou 3D, ses sièges rouges, les voisins bruyants avec leur popcorn, les pointeurs laser et les appels sur l'iphoneaveclamusiquequitue.

2012 avait une conclusion amusante, il faut être un patrimoine historique (oeuvre d'art ou la reine d'Angleterre), un officiel, ou un chihouahouah  pour survivre. les milliardaires ont une chance non nulle mais en dehors de ceux-ci, à moins d'avoir le cul bordé de nouilles sautées façon chinoise, on est destiné à mourir face au vil fléau..

Ce qui me fait peur c'est que ca se passerai sans doute ainsi ...Notons aussi que d'après ce film la courbe de progression en compétence de pilotage d'avion permet en 1 jour de passer d'apprenti pilote de monomoteur à copilote d'Antonov500 "c'est gros c'est russe" en passant par la case décollage court sans volet d'un bimoteur sur une californie vacillante ...Certes du grand spectacle, on n'a pas le temps de se reposer, mais le contenu est faible sinon nauséabond ( le concept de nous faire passer la pilule qu'on est bon à mourir me dérange).


Avatar semblait mieux conçu.
Hormis Sigourney "je veillis plus depuis 20 ans et je vous zut!" Weaver personne de connu, mais deux beaux personnages que sont le petit chef marketeu commercial ( je hais ces gens) et le colonel ( ce sont les pires) militaire bourru qui fait passer le Schwarzie de "Commando" pour un castor junior avec peu de badges.

Qu'importe le film c'est quoi ?
Une immersion, oui, des décors superbes et un écosystème magnifique, une 3D modérée consacrée à donner de la profondeur aux grands espaces .. oui ... mais alors où est le défaut de ce film ?
Le scénario, c'est lui qui pêche, c'est pocahontas sur une autre planète si on résume simplement ( le parallèle avec les amérindiens est évident surtout avec les montures terrestres).
Certes l'écossytème et ses particularités sont sympa, mais rien de nouveau dans la trame essentielle ...

Tout est couru d'avance. Le militaire envoyé par ses pairs pour infiltrer puis trahir le peuple qu'il doit en principe aider à étudier et à faciliter les négociations .. le militaire donc qui paraplégique se réfugie dans son avatar qui lui redonne le mouvement ... cet homme renait et ne veut plus partir et finir par rejoindre la cause des autochtones ... Du grand spectacle oui mais pas de nouveauté, cela marche, mais aurai pu être mieux.

 Les classiques du moment sont là , faire la guerre loin pour du fric et des ressources, l'écologie ...  basique efficace mais vu les moyens utilisés ... cher pour ce que c'est.


Après ceci il a fallu que je vois autre chose, pour me défaire de l'effet blockbuster ...Ce fut radical ... Solomon Kane.

Avec un amis rôliste  ( et meneur de jeux sans doute encore plus retors que votre serviteur), nous vions décidé d'aller voir un film que je qualifierai de no brain : pas de réflexion, l'alcool absorbé pendant les fêtes ne pourrait ainsi pas nous empêcher de comprendre des subtilités inexistantes.
Comment dire ... même si c'est issu de livres du même auteur que conan le barbare, ce qui est ancien n'est pas forcément bon !
Pour moi  Robert E. Howard c'est conan, mais même conan quoique considéré comme un classique ce n'est pas forcément du top.. je reste un amateur de Tolkien, le cimmérien d'une part et le fanatique religieux de l'autre me laissent de marbre ... pourtant enfant et ado , Conan et Red Sonja faisaient partie des lectures comics. ( J E JONES qui joue Thulsa Doom relève le niveau du premier conan .. enfin un méchant qui ferai presque peur)
Le rôliste que je suis a visualisé solomon kane ( le film ) comme une interprétation du repurgateur du monde Warhammer ( inquisiteur nettoyeur), le tout dans une Angleterre de 1600 où se seraient égarés des barbares post apocalyptiques de mad max ( sans les véhicules) ... comment dire .. ca distrait mais il ne faut pas en attendre plus .. C'est un Van Helsing bas de gamme où toutefois l'anecdote du curé et des ses ouailles m'a fait rire.

Ensuite,car je voulais le voir absolument, j'ai été voir Astroboy. Bel hommage au premier ( sinon l'un des premiers) manga. Mais il est hélas trop enfantin pour le vieux scnok que je suis désormais, la trame de fond est un peu changée par rapport à la série originelle mais l'esprit est là et de toute façon Astroboy était surtout fait pour les plus jeunes ... je suis resté jeune dans ma tête mais peut être pas à ce point.


Après ces errances (assumées à priori et à posteriori) j'ai opté pour un film dont je ne connaissais que peu de choses mais qui me tentait : Agora.
j'y ai trainé ma dulcinée peu enthousiaste au début... le verdict fut le suivant : une très bonne surprise, le film est perfectible ( si l'on est tatillon)  mais remarquable.

Agora est un film complexe, il traite de plusieurs choses à la fois dans une époque ancienne, troublée et qui présente volontairement ( en les accentuant un peu au besoin)  des similitudes avec notre époque.

Alexandrie au V ème siècle:  l'empire romain séparé entre Orient et Occident.

Alexandrie relève de l'Empire d'Orient, le christianisme prend racine s'appuyant sur un empereur chrétien. Le pouvoir temporel n'est plus le seul maitre, les tenants du clergé sont là avec leurs ouailles.

Dans ce contexte la bibliothèque qui n'est pas que lieu de savoir mais aussi lieu de culte païen voir ses jours comptés.
Hypatia fille de Théon ( maïtre de la bilbiothèque)  a réellement existé à cette époque, une philosophe et une mathématicienne,
dans le film elle est présentée comme  une femme moderne, éclairée, indépendante, trop peut être aux critères des païens et plus encore des chrétiens.
Elle est admirée et même courtisée par des personnages certains connus pour l'avoir cotoyé et admiré, des élèves à elle : Synesios chrétien ( que l'on qualifierai de modéré), et Oreste futur préfet local. A ce triangle amoureux un personnage fictif est ajouté, un esclave qui comme de nombreux autres voit dans le christianisme un refuge vis a vis des païens esclavagistes.
Le film n'est pas là pour présenter du marivaudage ni des scènes épiques de bataille ou d'orgie. Il traite de sujets plus grave :
On peut l'aborder de plusieurs façons, la religion, les croyances, le fanatisme, le pouvoir et ce qui arrive quand un état faible finit par se faire dépasser par les tenants d'une religion (les légionnaires peinent à maintenir une paix sociale civile fragile et font penser aux Gendarmes mobiles ou CRS en face d'émeutiers). les politiques sont prisonniers du consensus et du rapport de force.

En fait dans ce film tout le monde en prend pour son grade, les païens ,les juifs aussi mais ce sont les chrétiens qui sont désormais en position de force. Leur bras armé a des ressemblance marquée avec toutes les polices religieuses actuelles ou passées qu'elles soient juives à Jerusalem ou Talibanes en Afghanistan....la comparaison et habile ici car il est hélas plus facile de taper sur les chrétien d'une certaine époque que sur les autres religions monothéistes actuelles ...L'auteur traite l'extrémisme en général mais aussi l'islamisme en particulier ais de manière contournée. Le message est adressé à tout le monde mais certains le prendront mal. Le réalisateur est Espagnol, ce pays sait ce que peut donner le mélange religion/politique.

Evidemment j'ai pris le temps de lire sur des sites divers les réactions, les chrétiens les plus dogmatisés ont très mal pris le film, soulignant certains éléments qui ne sont pas avérés .. il n'empêche il y a parmi les saints de l'église des gens qui ont professé, et faits des actes peu glorieux ...C'est avéré y compris à cette époque. Sitôt l'époque des martyrs révolue, les chrétien on inversé la vapeur. Notez que Benoit XVI lui a rendu hommage en 2007 à propos du culte Marial !!!! Ahh ce cher Benoit ... en ajoutant le coup de Pie XII , j'en connais qui vont peu apprécier.

Au final que se passe til ? Quelle est la conclusion ? Le cycle de l'histoire ne cesse de se répéter, les formes varient parfois mais pas le fond. Les individus "censés" sont prisonniers de leurs camps respectifs et des compromis nécessaires. Les penseurs avant-guardistes hors du cadre admis sont inévitablement ostracisés, voir éliminés. Les églises, les cultes ont toujours éliminé ceux qui les menacaient et concernant les chrétiens cela date d'avant l'inquisition .. bien avant ...combien d'autres Saint Bartelemy ou de conversion forcées allons nous encore connaitre, venant de qui ? au dépend de qui ?

Le film traite du conflit entre deux approches du monde : la foi ( inconditionnelle, et même si le message peut être interprété les écrits vérouillent certaines choses, la base de nos monothéismes est violente il faut l'admettre) et de l'autre coté la logique de la philosophie s'appuyant sur la remise en cause, le doute ( et in fine la libre pensée).

Ce film qui aurait pu être trop intimiste mais ne néglige pas l'immersion cinématographique, on est projetté dans des décors superbement réalisés.

Avec un recul dans le point de vue qui fait parfois de nous des observateur en orbite au dessus ou des témoins immergés dans les évènements d'émeutes et d'exactions nous sommes spectateurs impuissants devant tant de gâchi. Celà reste un grand spectacle mais pas un blockbuster décérébré, non, au contraire, ni juste un péplum surfant sur la vague du retour du genre.

Curieusement ( ou pas) ce film est peu l'objet de publicité ou de critiques flatteuses ( ou pas), il fait partie de ces films comme "révélations" ( qui traitait des corporation fabriquant les cigarettes) qui font réfléchir mais qui sont censurés par un silence assourdissant des médias ... certaines idées dérangent et les tenants ne sont pas seulement religieux , mais médiatiques aussi.

Au final on sort de ce film lessivé, pessimiste et peu confiant dans l'espèce humaine, personnellement j'ai pris une claque visuelle et intellectuelle même si je connaissais le contexte historique.
La série Rome me semblait être une résussite, Agora dépasse ce niveau.












Par Celui Qui Maugréé - Publié dans : Humeurs
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 13:12

Technologia : «  Les SSII connaissent une recrudescence de suicides »

Isolement chez le client, pression de l’offshore, menace de l’intercontrat… Les salariés des sociétés des services sont particulièrement exposés aux risques de souffrance au travail. Interview d’un expert de ce sujet sensible.
 
Jean-Claude Delgenes

Jean-Claude Delgenes est le fondateur de Technologia, cabinet spécialisé en évaluation et en prévention des risques professionnels. Depuis vingt ans, il conseille les plus grandes SSII. En 2007, il a également conduit une mission sur le Technocentre de Renault où des informaticiens prestataires d'IBM et d'Assystem ont mis fin à leurs jours.

01netPro. Les medias se concentrent sur la série noire que connaît France Télécom. Quelle est la situation des salariés en SSII ?

Jean-Claude Delgenes : On déplore ces derniers temps beaucoup de suicides mais aussi d'arrêts cardiaques ou de ruptures d'anévrisme en SSII. Si les suicides « professionnels » sont actuellement mis en avant, les maladies cardio-vasculaires déciment davantage. Face à la charge psychologique, au surinvestissement dans le travail, le corps se révolte, somatise. Ce qui conduit à une perte de sommeil, des troubles cutanés, un affaiblissement des barrières immunitaires...

En travaillant comme des dingues, des cadres exposent leur santé, parfois à leur insu. Le stress numérique participe à ce malaise. Connecté en permanence, le collaborateur sous contraintes travaille chez lui le soir, le week-end. L'amplitude de travail n'est plus respectée du fait de la porosité entre vie privée et vie professionnelle.

En quoi les SSII sont-elles particulièrement exposées ?

C'est une combinaison de plusieurs facteurs. Première spécificité des SSII : le management à distance. Consultants et hiérarchiques ne se voient plus. Il n'y a plus d'échanges, de moments de cordialité. Le salarié prestataire traite de problèmes parfois très complexes tout en restant seul. Or les gens qui passent à l'acte sont souvent isolés.

Deuxième spécificité, la menace de l'offshore. Si tu ne fais pas ton travail, « on le donne aux Indiens ». L'offshore introduit un débat éthique. Les informaticiens français sont en concurrence avec des équipes lointaines tout en s'interdisant d'évoquer un quelconque protectionnisme. Il faut former des personnes en Inde, à distance, reprendre souvent leur travail, puis laisser la place. Le manque de régulation concourt aussi à ces systèmes très délétères.

Les évolutions rapides de ces sociétés sont aussi responsables de la situation. Les SSII se mondialisant, on assiste à une interpénétration des cultures. Les comportements latins cognent avec les mœurs anglo-saxons. N'oublions pas non plus les transformations incessantes. Quand une SSII multiplie les restructurations en quelques années, il faut qu'elle accompagne ses salariés de façon humaine. Ce qui n'est pas souvent le cas : en France on se borne souvent à considérer que les gens sont heureux du moment qu'ils ont un job.

Enfin, les syndicats sont peu représentatifs en SSII et pèsent difficilement dans les équilibres de ces sociétés composées essentiellement de cadres.

Et puis il y a la spécificité de l'intercontrat...

Une SSII développe son marché intérieur de l'emploi. Les affectations se font par copinage avec le chef. S'ils ne savent pas se vendre, de très bons professionnels restent en intercontrat durant des mois. C'est dévastateur. On souffre autant, si ce n'est plus, de sous-activité que de suractivité. D'autant que, dans ces métiers, la compétence est liée à la pratique. En restant sur le flanc, on devient vite obsolète.

Dans le même ordre d'idée, les anciens sont souvent considérés comme moins pointus techniquement. Ils coûtent cher et sont peu malléables. Il faut donc épuiser les jeunes cohortes d'informaticiens et pousser les seniors sur la touche. La concurrence interne crée un climat délétère. Le salarié doit être également maître de son employabilité. Votre service disparaît du jour au lendemain ? A vous de créer votre poste...

Dans quel cadre intervenez-vous en SSII ?

Malheureusement, on fait souvent appel à nous, dans l'urgence, après des drames. Il s'agit en premier lieu de renouer le dialogue. Nous faisons des réunions intitulées Partage et progrès, qui permettent de libérer la parole. La hiérarchie écoute sans censure ni sanction. Il faut ensuite arriver à une vraie répartition du travail. Des salariés ne peuvent rester en intercontrats des mois durant, ils en sortent dézingués.

Inversement, quand un consultant enchaîne des déplacements, ses missions doivent être entrecoupées de phases de repos. Il faut aussi prévoir des moments et des espaces de convivialité. L'open space, quand ce n'est pas du desk sharing, crée un environnement de travail perturbant. Le salarié n'a pas la capacité de se soustraire au regard des autres, de souffler tout simplement.

Enfin, il faut repenser le mode d'évaluation personnelle – y compris sur la rémunération – pour introduire plus de collectif. Dans ces sociétés, chacun est un centre de profit à lui tout seul. Il faut tenir les objectifs de productivité individuels couplés à de multiples reporting. Non seulement cela use les esprits mais on perd en échanges informels, en intelligence collective



ma réponse sur le site 01 Net ( et pour cause du vécu en ce qui me concerne , heureusement le medecin du travail qui me suivait etait aussi celui du client : ) 


connu depuis longtemps mais le tabou ne fait que commencer à tomber
par hobbit75, le 22/09/2009 13:29:57
le soucis de la prestation c'est que sur un meme site plusieurs accidents cardiovasculaires et des arrets pour surmenage peuvent se succeder.

Dans ce cas de figure On peut très bien avoir des internes concernés et d'autres prestataires de SSII, ces derniers peuvent tres bien faire partie de société différentes d'ailleurs.

le client ne faisant pas toujours (ou ne voulant pas ) faire le rapprochement et les SSII n'ayant aucune vision globale car les problèmes peuvent être éparpillés entre plusieurs SSI présentes sur un même site : personne ne peut ou ne veut voir le probleme sur le site en question ..le plus souvent un open space c'est vrai.

Quand bien même une SSII se garderai bien de critiquer l'organisation d'un client ...au moins officiellement.

Il faut tenir compte aussi de deux éléments important :

- la pression de ne pas se retrouver en intercontrat dans cette période de crise.

- le suivi par la medecine du travail qui n'est pas globale pour un site d'activité : aucun medecin n'a une vue d'ensemble sur le personnel interne et prestataire car ces derniers sont souvent suivi seulement tous les deux ans et la plupart du temps par un medecin du travail non commun avec celui du client.


on obtient alors le résultat décrit dans cet article ... il est juste désolant qu'il faille attendre quelques cas médiatiques pour le tabou soit brisé.

 

Par Celui Qui Maugréé - Publié dans : Humeurs
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 11:06
Christophe Dejours, psychanalyste

"Si on ne repense pas le travail, il faut s'attendre à pire que des suicides"


Auteur de "Suicide et travail : que faire ?" (PUF, 2009),
Christophe Dejours, psychanalyste, appelle à repenser le travail pour sortir des logiques gestionnaires qui détruisent le tissu socio-professionnel tout en faisant croire qu'elles traitent les problèmes des salariés.

Pourquoi parle-t-on plus aujourd'hui du suicide au travail ?

Christophe Dejours : Parce que les suicides sur les lieux de travail n'existaient pas avant. Ils sont apparus il y a une douzaine d'années, sans avoir été relayés. Le tournant s'est opéré en 2007, avec les cas de suicides chez Renault et Peugeot.

Les premiers suicides dont j'ai entendu parler constituaient pour moi une forme de décompensation psycho-pathologique parmi d'autres. C'est la répétition des choses qui est devenue hallucinante. Non seulement, il y avait un suicide sur les lieux de travail mais généralement il ne se passait rien après. Ces suicides au travail marquent incontestablement une sorte de bascule qui frappe le monde du travail.

Pour un suicide lié au travail combien de tentatives de suicide et de personnes internées en raison du travail ?

On ne peut pas le chiffrer car on n'a pas fait d'enquêtes épidémiologiques. Le ministère du travail fait la sourde oreille à mes demandes. Grâce à la commission mise en place par le gouvernement et dirigée par David Le Breton et dont je suis membre, nous avons réussi à obtenir que dans les statistiques sur les conditions de travail, il y ait désormais un item lié au suicide-travail. D'après une étude réalisée en 2005 en Basse-Normandie, on arrive à un taux de suicide, quand on l'extrapole à l'ensemble de la France, de 300-400 suicides par an. Mais le chiffre ne change rien.

Dans votre ouvrage, vous invalidez la défaillance individuelle comme seule raison du suicide...

Il y a des cas de suicides que l'on ne peut imputer à des difficultés dans l'espace privé : troubles névrotiques, psychotiques, dépressifs, des symptômes précurseurs, ni à un terrain de vulnérabilité particulière. C'est même là aussi une bascule pour la psychopathologie générale.

Ce qui est surprenant c'est que nous avons des personnes qui vont très bien et qui se suicident. On ne peut les expliquer avec les références habituelles de la psychiatrie. Il y a une bascule dans l'ordre social, dans le fonctionnement de la société, c'est aussi le signe d'une rupture dans la culture et la civilisation : les gens se tuent pour le travail. Cela oblige à repenser les catégories habituelles de notre discipline et à revoir ce que les sociologues du suicide disent, en particulier Emile Durkheim dans son livre Le Suicide qui contestait les positions des psychopathologues. Du coup, on est obligé de revenir à ce qui se dit sur la solitude. On avait donc un peu raison.

Vous écrivez qu'il y a trente ans, il n'y avait pas de suicide au travail pour deux raisons : la résistance à l'effort et des solidarités plus fortes...

Oui, il y avait les autres, un collectif de travail, des stratégies de défense. On ne laissait pas un type s'enfoncer. J'ai vu des ouvriers alcooliques qui ne pouvaient pas monter sur les toits pour travailler. Les copains lui demandaient de rester en bas. Ils faisaient le boulot à sa place. Vous vous rendez compte de ce que cela veut dire en termes de prévention de l'accident, de prévention du suicide, de prévention des troubles psychopathologiques ? C'est impensable aujourd'hui ! On apprend aujourd'hui le pire alors qu'on apprenait le meilleur hier : la solidarité. C'est parce qu'on a adopté de nouvelles méthodes au travail que l'on a aujourd'hui un désert au sens arendtien du terme : la solitude totale.

C'est ce que vous appelez le passage du critère "travail" au critère "gestion du travail"...

A partir des années 1980, les gestionnaires se sont imposés dans le paysage, en introduisant l'idée que l'on pouvait faire de l'argent non pas avec le travail mais en faisant des économies sur les stocks, les ratés, les retouches, les effectifs. Tout ce qui est à la marge peut être l'objet d'économies. Partout, on vous apprend que la source de la richesse c'est la gestion des stocks et des ressources humaines, ce n'est plus le travail. Nous le payons maintenant ! Cette approche gestionnaire croit mesurer le travail, mais c'est conceptuellement et théoriquement faux ! Il n'y a pas de proportionnalité entre le résultat du travail et le travail. C'est très grave, car cela signifie que la comptabilité est fausse. D'où la contestation.

C'est donc le décalage entre la réalité du travail et la vision gestionnaire qui augmente le stress des salariés ?

Les gestionnaires qui ne regardent que le résultat ne veulent pas savoir comment vous les obtenez : c'est un contrat d'objectif, disent-ils. C'est comme ça que les salariés deviennent fous, parce qu'ils n'y arrivent pas. Les objectifs qu'on leur assigne sont incompatibles avec le temps dont ils disposent.

Cette logique gestionnaire se rapproche-t-elle de la logique totalitaire selon la conception d'Hannah Arendt, que vous citez dans votre bibliographie ?

C'est assez difficile d'être affirmatif mais la question est posée, car les gens sont amenés à faire des tâches qu'ils réprouvent et il y a une machinerie très puissante qui est mise en œuvre et qui a avec le totalitarisme ce point commun qu'on traite l'humain comme quelque chose d'inutile, d'interchangeable. On lance des slogans pour faire croire qu'on fait des ressources humaines mais dans la réalité, c'est la gestion kleenex : on prend les gens, on les casse, on les vire. L'être humain au fond est une variable d'ajustement, ce qui compte, c'est l'argent, la gestion, les actionnaires, le conseil d'administration.

Ce qui pose forcément la question de la responsablité...


A l'évidence, ce sont les dirigeants d'entreprise, des politiques d'entreprise, le Medef, la refondation sociale mais aussi l'Etat, qui sont responsables. Il joue toujours un rôle de régulateur et là il s'est aligné sur le Medef. La responsabilité est aussi partagée par nous tous dans notre rapport au système qui ne marche pas sans notre collaboration, notre intelligence, notre zèle. Toute organisation du travail est aussi une organisation politique et une certaine conception de la domination.

 

Qu'entendez-vous par "repenser le travail" comme solution à la dégradation de la santé mentale au travail ?

Il faut rompre avec les modèles d'évaluation dont je vous ai parlé et repenser le travail à partir du travail collectif : c'est la question de la coopération et des instruments d'analyse du travail collectif. Puis, il ne faut plus mesurer le travail mais entrer dans la matérialité du travail. Enfin, c'est possible, puisque je l'ai fait dans un certain nombre d'entreprises. Quand on fait ce changement de cap, ce n'est pas qu'une catégorie particulière qui souffre, c'est tout le monde. Car c'est un réel changement de posture. Mais une fois que le mouvement est lancé, les gens vont beaucoup mieux.

Votre modèle casse la logique du Medef ?

Effectivement, mais il y aussi des patrons qui viennent me voir pour me demander de changer les instruments d'évaluation. N'oublions pas que l'évaluation du coût de la santé mentale au travail représente 3 à 6 % du PIB aujourd'hui dans tous nos pays. Donc les gens ont tout à gagner à faire ce travail de réévaluation.

Votre méthode a-t-elle rencontré des échecs ?

Oui, des démarches s'arrêtent en cours de route. L'idéologie de France Télécom, c'est de casser les gens, les faire plier. Les gens ne comprennent plus. D'un côté, on demande aux cadres de virer des gens, de l'autre, on leur dit, vous êtes responsables de dépister les gens qui ne vont pas bien. La responsabilité incombe à ces managers tiraillés entre recevoir l'ordre de casser les gens et d'en assumer la responsabilité. Ils tombent malades. Mais il y a aussi le suicide, l'infarctus, l'hémorragie cérébrale. Pour en sortir, il faut un accord négocié sur la démarche et sur la cohérence par rapport à la politique de l'entreprise.

Sinon vous prenez le risque d'être associé à un alibi ?

Oui. Mais nous ne voulons pas passer pour un alibi, car à ce moment-là, nous échouons. Les alibis, ce sont les autres, ceux qui font de la gestion individuelle du stress, qui vendent de la relaxation. Les coachs, eux sont la vitrine et l'effet slogan. Ils font croire qu'ils font quelque chose. Et quand cela ne marche pas, ils disent aux salariés : "Vous ne savez pas gérer votre stress".

Une personne peut en cas de détresse se suicider mais aussi retourner son arme contre ses collègues, sa hiérarchie ou saboter gravement l'entreprise ? Est-ce déjà arrivé ?

Des tentatives de meurtres ont déjà été enregistrées. J'ai vu un gars armé tenir en joue tout l'état-major de l'entreprise pendant une matinée. J'ai vu aussi des sabotages extrêmement graves, notamment dans des centrales nucléaires.

Ces cas sont-ils récents ?

On a arrêté des sabotages au dernier moment. Mais je ne peux pas vous en dire plus, je suis sous le sceau du secret. Souvenez-vous de ce cas connu à la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritine), où une personne a cassé la 1re tranche, puis la 2e tranche, puis la 3e tranche en une heure et demie. Il a failli détruire tout le centre de production nucléaire, alors qu'il y a des maîtres-chiens, des contrôles. Comment a-t-il fait ? Si ce n'est au moins avec la passivité des copains. Dans une autre centrale, le gars voulait découpler la centrale du réseau. S'il y était parvenu, la centrale aurait sauté. Ce sont des membres de la CGT qui lui ont "cassé la gueule" pour l'arrêter.

Par Celui Qui Maugréé - Publié dans : Humeurs
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